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Les avantages du bilinguisme sur le plan cognitif

L’étude de Thomas et Collier, effectuée à grande échelle aux États-Unis et portant sur les différentes approches pédagogiques employées dans l’enseignement aux enfants apprenant l’anglais en tant que langue additionnelle, démontre que les élèves qui maintiennent et perfectionnent leur langue première tout en apprenant l’anglais réussissent mieux que leurs homologues anglophones unilingues aux tests de compétences linguistiques ainsi que dans la plupart des matières à l’étude. Cette étude a démontré, contrairement à la thèse présentée dans d’autres études, que l’apprentissage d’une autre langue ne ralentissait pas l’apprentissage des autres matières. Au contraire, celle-ci avantage l’élève, tant sur le plan cognitif que sur le plan de la communication, et l’aide à apprendre, à enrichir ses connaissances et à développer ses habiletés.

Les recherches d’Ellen Bialystock (1997), de l’Université York, démontrent que les jeunes enfants à qui on lit dans les deux langues ont deux fois plus de facilité à apprendre à lire. De plus, ses recherches (2004) démontrent que le fait d’être bilingue active le cerveau et le rend plus performant. Elles révèlent aussi que les jeunes enfants ont beaucoup plus de facilité que les adultes à apprendre une seconde langue et qu’elles et ils n’ont pas de difficulté à passer d’une langue à l’autre. Les études d’Ellen Bialystock soutiennent que, plus les enfants commencent tôt, meilleures sont leurs chances d’être parfaitement bilingues.

Les études de Jim Cummins (2003), de l’Ontario Institute for Studies in Education, démontrent que l’élève bilingue réussit mieux dans la langue d’enseignement lorsque le milieu scolaire valorise la langue première et la présente sous un jour positif. Elles démontrent aussi l’effet contraire lorsqu’on demande à l’élève de renoncer à sa langue première en faveur de l’usage exclusif de la langue d’enseignement.

Il importe donc que le personnel enseignant valorise et encourage le développement de l’élève dans une autre langue et qu’il compose avec cette dualité en saisissant toutes les occasions qui lui sont offertes de faire des rapprochements entre les deux langues. Les différences peuvent même servir à consolider l’apprentissage des notions langagières : par exemple, les similarités sur le plan étymologique, les congénères interlinguaux ou l’utilisation de la comparaison et du contraste.

De plus, les recherches de Jim Anderson, Ph. D. (2006), de la faculté d’éducation du Goldsmiths College à Londres, en Grande-Bretagne, révèlent qu’il n’y a pas de preuves voulant que l’usage d’une autre langue que l’anglais à la maison soit incompatible avec l’identité anglo-saxonne. Il y aurait plutôt des preuves voulant que le bilinguisme permette de développer un plus grand respect de la diversité et une plus grande ouverture et qu’il facilite l’intégration dans divers contextes culturels.

Par ailleurs, Diane Gérin-Lajoie, dans son étude intitulée Parcours identitaires de jeunes francophones en milieu minoritaire (2003), indique que les jeunes de 15 et 16 ans « disent posséder une identité bilingue… pas nécessairement synonyme d’assimilation ». Par contre, elle en arrive au constat que « […] tous les jeunes sont fortement influencés par les valeurs véhiculées par la majorité anglophone ». En plus, elle découvre que, pour les jeunes, l’intérêt de parler le français réside dans sa « valeur marchande » (p. 146-147).